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Calcul de section de câble électrique : NF C 15-100 et chute de tension

Trouvez la section de câble adaptée à un circuit électrique : section minimale imposée par la NF C 15-100, calibre du disjoncteur associé et contrôle de la chute de tension selon la longueur. L’outil fonctionne pour les circuits types d’un logement, pour un dimensionnement libre en monophasé ou en triphasé, et pour vérifier une installation existante.

Outil basé sur la série NF C 15-100 publiée en août 2024 (NF C 15-100-10 pour les locaux d’habitation) et sur la méthode de calcul de la chute de tension du guide UTE C 15-105. Il aide à dimensionner les circuits courants d’un logement en cuivre ; il ne remplace pas un électricien, et une installation neuve doit être validée par le Consuel.

Que voulez-vous faire ?

Circuits usuels des locaux d’habitation, en monophasé 230 V.

m

Aller simple, du tableau au point d’utilisation le plus éloigné.

W

Sans valeur, le calcul suppose le circuit chargé à son calibre maximal.

Prescriptions NF C 15-100

  • Section minimale (cuivre)2,5 mm²
  • Calibre maximal du disjoncteur20 AUn calibre inférieur est toujours autorisé, jamais un calibre supérieur.
  • Points d’utilisation12 au maximum
  • Interrupteur différentiel 30 mAType ACUn type A convient également.
Douze socles au maximum : la configuration la plus souple pour les prises.
✓ Longueur compatible : chute de tension de 2,4 %
Limite de 5 % pour les autres usages. Longueur maximale : 31 m à 20 A.
Hypothèse la plus défavorable
Sans puissance renseignée, le calcul suppose que le circuit débite son calibre maximal (20 A). Indiquez la puissance réellement raccordée pour une estimation réaliste : en éclairage LED, la longueur admissible est bien plus grande.
Aide au dimensionnement, pas une étude
Résultats valables pour des conducteurs en cuivre posés dans des conditions courantes d’habitation. Des câbles groupés, noyés dans un isolant thermique ou exposés à une forte température réduisent le courant admissible et peuvent imposer une section supérieure. Une installation neuve doit faire l’objet d’une attestation de conformité visée par le Consuel : faites valider votre projet par un électricien.

Comment calculer la section d’un câble électrique ?

La section d’un câble ne se choisit jamais au jugé. Elle doit satisfaire deux contraintes indépendantes, et c’est la plus sévère des deux qui l’emporte. La première est thermique : le conducteur doit supporter l’intensité autorisée par le disjoncteur qui le protège sans s’échauffer dangereusement. La seconde est électrique : sur un circuit long, la tension chute le long du câble, et cette chute ne doit pas dépasser 3 % pour l’éclairage ni 5 % pour les autres usages.

Sur un circuit court, c’est le disjoncteur qui impose la section. Sur un circuit long — une dépendance, un atelier au fond du jardin, un portail motorisé — c’est la chute de tension qui oblige à grossir le câble, parfois de deux sections au-dessus du minimum.

NF C 15-100 : ce qui a changé avec la série d’août 2024

La NF C 15-100 a été republiée le 23 août 2024 sous la forme d’une série de 21 normes : la partie 1 pour les règles générales, la partie 10 pour les locaux d’habitation, la partie 7-722 pour la recharge des véhicules électriques, entre autres. Elle remplace l’édition unique de décembre 2002 et ses amendements A1 à A5. Après une période de recouvrement de 12 mois, c’est la seule référence applicable.

Pour le dimensionnement des câbles, les fondamentaux ne bougent pas : les sections minimales par circuit et les limites de chute de tension sont identiques. La nouveauté la plus visible concerne les dispositifs de protection contre les défauts d’arc, désormais recommandés sur les circuits de prises des lieux critiques. Méfiez-vous des pages qui citent encore l’amendement A5 comme référence en vigueur.

Sections minimales par circuit en habitation

La NF C 15-100-10 fixe pour chaque circuit type une section minimale en cuivre, un calibre maximal de disjoncteur, un nombre maximal de points d’utilisation et le type d’interrupteur différentiel 30 mA placé en tête.

CircuitSectionCalibre maxPoints maxDifférentiel
Éclairage1,5 mm²16 A8Type AC (un type A convient aussi)
Prises 16 A — câble 1,5 mm²1,5 mm²16 A8Type AC (un type A convient aussi)
Prises 16 A — câble 2,5 mm²2,5 mm²20 A12Type AC (un type A convient aussi)
Prises du plan de travail (cuisine)2,5 mm²20 A6Type A obligatoire
Lave-linge2,5 mm²20 A1Type A obligatoire
Lave-vaisselle2,5 mm²20 A1Type AC (un type A convient aussi)
Four2,5 mm²20 A1Type AC (un type A convient aussi)
Sèche-linge2,5 mm²20 A1Type AC (un type A convient aussi)
Chauffe-eau électrique2,5 mm²20 A1Type AC (un type A convient aussi)
Plaque de cuisson (monophasé)6 mm²32 A1Type A obligatoire
Volets roulants1,5 mm²16 A—Type AC (un type A convient aussi)

Au moins deux interrupteurs différentiels 30 mA sont requis dans un logement. Le type A, qui détecte aussi les défauts à composante continue des appareils électroniques, est obligatoire pour le lave-linge, la plaque de cuisson et les prises du plan de travail de la cuisine.

Section et calibre : le disjoncteur protège le câble

C’est la règle la plus importante, et la plus souvent violée : le disjoncteur ne protège pas l’appareil, il protège le câble. Son calibre ne doit jamais dépasser ce que la section supporte. Un calibre inférieur est toujours autorisé ; un calibre supérieur, jamais.

Section cuivreCalibre maximalPuissance max (230 V)
1,5 mm²16 A3 680 W
2,5 mm²20 A4 600 W
4 mm²25 A5 750 W
6 mm²32 A7 360 W
10 mm²50 A11 500 W
16 mm²63 A14 490 W

Ces associations valent pour des conducteurs en cuivre posés dans des conditions courantes d’habitation. Des câbles groupés en grand nombre, noyés dans un isolant thermique ou soumis à une forte température ambiante perdent une partie de leur capacité : dans ces cas, seul un calcul complet par un électricien permet de conclure.

La chute de tension : 3 % pour l’éclairage, 5 % pour le reste

Tout conducteur oppose une résistance au passage du courant, proportionnelle à sa longueur et inversement proportionnelle à sa section. Sur un long circuit, la tension disponible aux bornes de l’appareil baisse : un moteur démarre mal, un chauffage perd en puissance, un éclairage scintille. La NF C 15-100 limite cette chute à 3 % pour l’éclairage et à 5 % pour les autres usages, mesurée depuis l’origine de l’installation jusqu’au point d’utilisation le plus éloigné.

Le calcul se fait avec le courant d’emploi, c’est-à-dire la charge réelle, et non avec le calibre du disjoncteur. Un circuit d’éclairage en 1,5 mm² chargé de quelques luminaires LED supporte ainsi plus de cent mètres, alors qu’à pleine charge de 16 A il plafonnerait à une quinzaine de mètres. Faute de connaître la charge, l’outil calcule au calibre : c’est l’hypothèse la plus défavorable, et il vous le signale.

Pourquoi la résistivité à température de régime change tout

La résistivité du cuivre vaut 0,0178 Ω·mm²/m à 20 °C. Mais un câble en service chauffe, et sa résistance augmente avec lui. Le guide UTE C 15-105, référence des bureaux d’études, impose donc de calculer la chute de tension avec la résistivité à température de régime, soit environ 1,25 fois la valeur à froid : 0,023 Ω·mm²/m pour le cuivre.

Plusieurs calculateurs en ligne utilisent la valeur à 20 °C. Ils affichent une chute de tension environ 23 % trop faible et peuvent valider une longueur qui ne passe pas en réalité. Cet outil applique la valeur normative.

Monophasé ou triphasé

En monophasé, le courant parcourt l’aller et le retour : la longueur électrique vaut deux fois la longueur du câble, d’où le facteur b = 2. En triphasé équilibré, le neutre ne transporte pas de courant et la chute se calcule sur un seul conducteur de phase, avec b = 1 et une chute rapportée à la tension simple de 230 V. À puissance égale, le triphasé divise l’intensité par phase par près de trois, ce qui permet souvent une section plus faible sur les grosses charges.

Ce que cet outil ne couvre pas

  • Les bornes de recharge de véhicule électrique, régies par la NF C 15-100-7-722 et dimensionnées au cas par cas selon leur puissance.
  • Les liaisons vers un tableau divisionnaire et les circuits au-delà de 63 A.
  • Les conducteurs en aluminium, interdits en dessous de 16 mm² dans le résidentiel.
  • Les conditions de pose défavorables : câbles groupés, noyés dans l’isolant, en ambiance chaude, qui imposent des coefficients de correction.

Erreurs à éviter

  • Monter le calibre du disjoncteur parce qu’il déclenche : c’est la première cause d’échauffement de câble.
  • Oublier la longueur : la section minimale du tableau ne vaut que pour des circuits de longueur courante.
  • Calculer avec la résistivité à 20 °C, qui sous-estime la chute de tension.
  • Compter la longueur à vol d’oiseau au lieu du cheminement réel des gaines, souvent 30 à 50 % plus long.
  • Mélanger cuivre et aluminium sans raccord bimétallique adapté.
Intensité d’emploi (monophasé) :
  I_B = P / (230 × cos φ)

Chute de tension (UTE C 15-105) :
  ΔU = b × (ρ₁ × L / S × cos φ + λ × L × sin φ) × I_B
  ΔU (%) = ΔU / 230 × 100

  b = 2 en monophasé, 1 en triphasé
  ρ₁ = 0,023 Ω·mm²/m (cuivre à température de régime)
La section retenue est la plus grande des deux : celle imposée par le calibre du disjoncteur et celle qui maintient la chute de tension sous la limite.
ΔU
Chute de tension(V)
b
Facteur de circuit (2 en monophasé, 1 en triphasé)(—)
ρ₁
Résistivité du cuivre à température de régime(Ω·mm²/m)
L
Longueur du circuit, aller simple(m)
S
Section du conducteur(mm²)
I_B
Courant d’emploi (charge réelle)(A)
I_n
Calibre du disjoncteur(A)
λ
Réactance linéique(Ω/m)

Exemple chiffré

Atelier au fond du jardin : 3 000 W d’outillage électroportatif et d’éclairage, alimenté en monophasé 230 V par un câble cuivre de 60 m, charges considérées comme résistives (cos φ = 1), limite de 5 %.
1
Calculer le courant d’emploi
I_B = 3 000 / 230
= 13,04 A
2
Choisir le calibre et la section thermique
Calibre ≥ 13,04 A → 16 A → section minimale
= 1,5 mm²
3
Contrôler la chute de tension en 1,5 mm²
ΔU = 2 × 0,023 × 60 × 13,04 / 1,5 = 24,0 V
= 10,43 % > 5 %
4
Essayer la section supérieure (2,5 mm²)
ΔU = 2 × 0,023 × 60 × 13,04 / 2,5 = 14,4 V
= 6,26 % > 5 %
5
Retenir la section qui passe (4 mm²)
ΔU = 2 × 0,023 × 60 × 13,04 / 4 = 9,0 V
= 3,91 % ≤ 5 %
Il faut poser un câble de 4 mm², protégé par un disjoncteur de 16 A. Le minimum thermique de 1,5 mm² aurait laissé chuter la tension de plus de 10 % : c’est la longueur, et non la puissance, qui dimensionne ce circuit. Avec 4 mm², la longueur admissible monte à 76 m.

Questions fréquentes sur la section de câble

Quelle section de câble pour un disjoncteur 16 A ?
La section minimale est de 1,5 mm² en cuivre. Elle convient à un circuit d’éclairage (8 points au maximum) ou à un circuit de 8 prises au maximum. Pour des prises, beaucoup d’installateurs préfèrent le 2,5 mm², qui autorise un disjoncteur 20 A et jusqu’à 12 socles.
Quelle section de câble pour un disjoncteur 20 A ?
La section minimale est de 2,5 mm² en cuivre. C’est la section des circuits de prises à 12 socles, des prises du plan de travail de la cuisine et des circuits spécialisés du lave-linge, du lave-vaisselle, du four, du sèche-linge et du chauffe-eau.
Quelle section de câble pour une plaque de cuisson ?
Une plaque de cuisson en monophasé se raccorde sur un circuit spécialisé en 6 mm² protégé par un disjoncteur 32 A au maximum, placé sous un interrupteur différentiel 30 mA de type A.
Combien de prises peut-on mettre sur un même circuit ?
Huit socles au maximum sur un circuit en 1,5 mm² protégé à 16 A, douze socles au maximum sur un circuit en 2,5 mm² protégé à 20 A. Les six prises du plan de travail de la cuisine forment un circuit dédié sur lequel aucun autre socle ne doit être raccordé.
Quelle est la chute de tension maximale autorisée ?
La NF C 15-100 limite la chute de tension à 3 % pour les circuits d’éclairage et à 5 % pour les autres usages, pour une installation alimentée par le réseau public basse tension. Ces valeurs n’ont pas changé avec l’édition 2024. Elles se mesurent entre l’origine de l’installation et le point d’utilisation le plus éloigné.
Pourquoi la longueur du câble change-t-elle la section nécessaire ?
Un conducteur a une résistance proportionnelle à sa longueur. Plus le circuit est long, plus la tension chute avant d’atteindre l’appareil. Au-delà d’une certaine longueur, la section minimale imposée par le calibre du disjoncteur ne suffit plus : il faut passer à la section supérieure pour rester sous la limite de 3 % ou 5 %.
Pourquoi utiliser une résistivité de 0,023 et non 0,0178 ?
La valeur 0,0178 Ω·mm²/m correspond au cuivre à 20 °C. En fonctionnement, un conducteur chauffe et sa résistance augmente. Le guide UTE C 15-105 impose de calculer la chute de tension avec la résistivité à température de régime, soit environ 1,25 fois la valeur à 20 °C. Un calcul fait avec 0,0178 donne une chute de tension environ 23 % trop faible, ce qui peut valider à tort une longueur excessive.
Qu’est-ce qui a changé avec la NF C 15-100 de 2024 ?
La norme a été republiée le 23 août 2024 sous la forme d’une série de 21 normes (NF C 15-100-1, NF C 15-100-10 pour l’habitation, etc.), qui remplace l’édition de 2002 et ses amendements. Après une période de recouvrement de 12 mois, elle est la seule référence applicable. Elle recommande notamment les dispositifs de protection contre les défauts d’arc sur les circuits de prises des lieux critiques. Les sections minimales et les limites de chute de tension restent inchangées.
Peut-on mettre un disjoncteur plus puissant si le disjoncteur saute ?
Non, jamais. Le disjoncteur protège le câble, pas l’appareil : son calibre ne doit pas dépasser ce que la section supporte. Remplacer un 16 A par un 20 A sur du 1,5 mm² laisse le conducteur chauffer sans que rien ne déclenche. À l’inverse, un calibre plus faible que le maximum est toujours autorisé.
Cet outil suffit-il pour une borne de recharge ou un tableau divisionnaire ?
Non. Une borne de recharge relève de la NF C 15-100-7-722 et se dimensionne au cas par cas selon sa puissance et la longueur de la ligne. Un tableau divisionnaire, un circuit au-delà de 63 A, un conducteur en aluminium ou une pose défavorable (câbles groupés, isolant thermique, forte température) exigent l’intervention d’un électricien. Une installation neuve doit par ailleurs faire l’objet d’une attestation de conformité visée par le Consuel avant sa mise sous tension.

Sources et références

  • Série NF C 15-100 (août 2024) — Installations électriques à basse tensionPubliée le 23 août 2024 en 21 parties, elle remplace l’édition de décembre 2002 et ses amendements A1 à A5 après une période de recouvrement de 12 mois. Tableau 52W : chute de tension maximale de 3 % (éclairage) et 5 % (autres usages). Consultée en septembre 2026.
  • NF C 15-100-10 — Installations électriques des locaux d’habitationSections minimales des conducteurs, calibres maximaux des protections, nombre de points d’utilisation par circuit et type de dispositif différentiel. Consultée en septembre 2026.
  • UTE C 15-105 — Guide pratique de détermination des sections de conducteursMéthode simplifiée de calcul de la chute de tension, résistivité à température de régime ρ₁ = 1,25 × ρ₀ et réactance linéique par défaut de 0,08 mΩ/m. Consulté en septembre 2026.
  • NF C 15-100-7-722 — Alimentation des véhicules électriquesRègles propres aux infrastructures de recharge, hors du périmètre de cet outil. Consultée en septembre 2026.
  • Legrand — Norme NF C 15-100 : suivez le guideGuide professionnel du fabricant : nombre de prises par circuit et calendrier d’application de la série 2024. Consulté en septembre 2026.
Avertissement de sécurité

Cet outil est une aide au dimensionnement. Il applique les prescriptions de la NF C 15-100 pour des conducteurs en cuivre posés dans des conditions courantes d’habitation, mais ne remplace ni un électricien qualifié ni une étude complète de l’installation. Un câble sous-dimensionné peut provoquer un échauffement et un incendie. Toute intervention sur un tableau électrique se fait hors tension, et une installation neuve doit faire l’objet d’une attestation de conformité visée par le Consuel avant sa mise sous tension.

Dernière mise à jour : septembre 2026. Rédigé par l’équipe Calculs BTP à partir des sources officielles citées plus haut.

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